Napoleone e l’Aquitania

di Jacques-Olivier Boudon

L’anecdote me paraissait belle et aurait pu figurer dans “Napoléon et l’Aquitaine” (Memoring, 2022). Le 31 juillet 1808, Napoléon s’apprête à quitter Agen pour Bordeaux. Le préfet du Lot-et-Garonne, Christophe de Villeneuve-Bargemon, lui propose de lui présenter un vieux militaire, âgé de 113 ans, Jean Serres, dit “Printemps”. Le préfet lui a obtenu une augmentation de sa pension, passée à 800 francs en décembre 1807 -la presse s’en est fait l’écho- et surtout pension réversible à sa femme, Marie Rey qu’il aurait épousée alors qu’il avait plus de 80 ans et elle une vingtaine d’années. A sa mort, survenue le 8 décembre 1809 à Pont-du-Casse, près d’Agen, il est déclaré époux de Marie Rey. L’acte de décès précisant qu’il était militaire et qu’il “meurt à 114 ans, un mois, 14 jours”, précision inhabituelle et qui pose question. De fait, est bien né sur la même paroisse, le 24 octobre 1695, un Jean Serres, fils de Jean Serres et Anne Cazaux. Or sur l’acte de décès, sont mentionnés comme parents Jean Serres et Marie Serres, les témoins ne se souvenant pas du nom de jeune fille de la mère, ce qui peut se comprendre, mais le prénom s’est conservé. Mais lorsque l’on se reporte à l’acte de mariage avec Marie Rey, on n’est pas au bout de nos surprises. Le mariage a eu lieu le 18 janvier 1780. Marie Rey a alors 24 ans. Mais Jean Serres, qualifié de “brassier” (il loue ses bras) sans qu’il soit fait allusion à d’éventuels services militaires, a 61 ans et est dit fils de Jean Serres et de Marie Fourès. Il serait donc né en 1719 et non en 1695 ! Malheureusement les registres pour la période 1714-1821 sont manquants. Mais le doute s’insinue. Jean Serres, nom très fréquent dans la région, a vraisemblablement usé de son grand âge -plus de 80 ans à l’époque en est un- pour se faire passer pour un ancien militaire dont il a sans doute entendu les récits de bataille. L’époque aidant, il s’est dit que ce serait un bon moyen d’assurer ses vieux jours et l’avenir de sa femme de 35 ans sa cadette, qui apparemment n’est pas restée sur place après la mort de son mari. C’est une hypothèse naturellement, mais qui vise aussi à interroger les sites de généalogie qui racontent cette histoire en mettant en regard sans sourciller des actes dont les informations divergent ! Mais je suis évidemment preneur d’informations complémentaires, n’ayant pu mener cette petite enquête qu’à partir d’un clavier d’ordinateur !

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