André Darrigade

di Jacques-Olivier Boudon

En guise d’amuse-bouche, les premières lignes du livre sur Darrigade !
Introduction
Il peut paraître étonnant qu’un historien de Napoléon et plus généralement du XIXe siècle se lance dans l’écriture d’une biographie d’un champion cycliste de la deuxième moitié du XXe siècle. Je n’avais jamais rencontré André Darrigade avant de me lancer dans cette aventure et ne l’avais jamais vu courir. J’avais quatre ans quand il a arrêté sa carrière et je suis allé pour la première fois sur les routes du Tour de France l’année suivante, en 1967, année marquée par la victoire inattendue de Roger Pingeon. Mais au cours de mon enfance, le nom de Darrigade a constamment résonné à mes oreilles. Il faut dire que je passais alors l’essentiel de mes vacances estivales chez mes grands-parents maternels, dans les Landes, plus précisément à Hagetmau, en cette Chalosse qui est aussi le berceau d’André Darrigade. Clin d’œil du destin, l’une des premières courses cyclistes qu’il a remportées, en juillet 1948, avait lieu à Hagetmau. A cette proximité géographique s’ajoute une commune origine sociale. Darrigade est fils de métayers. Mon grand-père, Fernand Saint-Genez, qui était de la génération des oncles d’André, était lui aussi le fils d’un métayer. Il a lui aussi voulu se sortir de sa condition, d’abord en faisant divers métiers, puis en réussissant le concours lui permettant d’entrer dans la police nationale. J’ai connu mon arrière-grand-mère, morte à 90 ans, qui vivait dans la ferme où avait grandi mon grand-père, ferme que son frère avait rachetée après la guerre. La cohabitation de plusieurs générations sous le même toit était alors la règle. Au cours de mes vacances estivales, les arrivées des étapes du Tour de France, retransmises à la télévision, étaient un moment attendu. Sans avoir jamais pratiqué le cyclisme en compétition, j’ai beaucoup fait de vélo dans ma jeunesse. Il m’est arrivé très souvent d’arriver en train à Dax, avec mon vélo de course, et de gagner Hagetmau, avant d’arpenter chaque jour les routes des Landes, poussant même jusqu’à Pau où vivait ma grand-mère paternelle. La passion pour le cyclisme est donc aussi l’une des raisons de ce livre. J’ai toutefois cherché à raconter la vie d’André Darrigade, en historien, en m’appuyant sur les sources à ma disposition, principalement la presse, et les archives télévisées, qui le montrent sur son vélo. J’ai pu aussi rencontrer André Darrigade qui m’a accordé un long entretien et a répondu avec une très grande gentillesse aux questions que je lui posais.
On a sans doute du mal aujourd’hui à mesurer la popularité du sport cycliste dans les années d’après-guerre. Des courses sont organisées un peu partout sur le territoire, sans parler du succès des rencontres au sein des multiples vélodromes que compte l’hexagone, même si leur nombre décroît à l’heure où Darrigade se consacre principalement à la route. Il y en avait 135 en 1945 et seulement 52 en 1959, mais les étapes du Tour de France s’achèvent très souvent sur l’un d’entre eux. La France des trente glorieuses se nourrit des exploits de ses champions. Darrigade n’a jamais gagné le Tour de France, mais il a remporté vingt-deux étapes et porté à dix-neuf reprises le maillot jaune, ramenant à deux reprises le maillot vert à Paris. Il s’est classé à 82 reprises dans les dix premiers des étapes du Tour qu’il a disputées. Sur les quatorze Tours qu’il a disputés, de 1953 à 1966, dix ont été gagnés par des coureurs français (Bobet, Walkowiak, Anquetil et Aymar), c’est dire combien la France domine alors le monde du cyclisme et combien la concurrence est rude. Cette France des trente glorieuses est aussi marquée par l’entrée progressive de la télévision dans les foyers. Les images des arrivées d’étapes ont largement contribué à la popularité d’un sport qui offre en outre la particularité de pouvoir être pratiqué par tout un chacun et d’être un spectacle largement gratuit. Avant d’emmener le lecteur sur les routes de France et d’Europe, je souhaiterais remercier Maryse Bernard et Stéphane Barry qui m’ont fait confiance en acceptant que je me lance dans cette aventure et en l’accompagnant de leurs conseils et de leur sens du contact. Un grand merci aussi à Eric Fottorino pour sa préface et enfin à André Darrigade et à sa famille pour leur confiance. Vous l’aurez compris, l’historien de l’empereur aime la « petite reine » !

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